Better Call Saul … encore ?

La série dérivée de Breaking Bad arrive péniblement à sa cinquième saison.

Quoi ?

Après la méthamphétamine d’Hazenberg et les sept saisons de cette série hors norme, nommée Breaking Bad, la production a décidé de se lancer, avec le personnage le plus excentrique du show, dans une série dérivée. Le personnage en question est le fameux avocat de Jessie et Walter, Saul Goodman.

Je dois bien avouer que je n’aurais jamais parié un kopeck sur les aventures de cet avocat loufoque et ridicule. Pourtant au fil des saisons on apprend à apprécier sa médiocrité et parfois même son génie. En compagnie de Mike, l’homme de main du trafiquant Gus Fring, Saul Goodman, de son vrai nom Jimmy McGill, construit très lentement sa réputation. Il nous fait partager ses relations houleuses et orageuses avec son frère, sa copine, ses finances et son travail … 

C’est nul ?

Le problème c’est que Jimmy n’est pas un héro, c’est plutôt même un raté, le parfait imbécile sans envergure, assez lâche, pas très beau et presque tout le temps en marge avec la justice. Bob Odenkirk, qui incarne cet avocat assez particulier, le joue à la perfection. Il faut dire que les scénaristes ont réussi à créer un univers singulier autour de lui. Un milieu d’avocat et de trafiquants de drogue crédibles et qui sont pour la plupart déjà connus, puisque issus de la série mère.

D’ailleurs Breaking Bad elle-même est rempli d’anti-héros et ici, l’ambiance de cette dernière a volontairement été conservée. Ce qui à mon sens a tendance à faire stagner la série, plutôt que de la faire évoluer. Alors, oui, nous sommes dans un préquel, donc l’évolution ne peut pas être rapide, puisqu’elle doit, à un moment donné, faire le lien avec l’autre. Et c’est justement là que se situe le plus gros des problèmes de Better Call Saul. Car faire le lien avec Jesse et Walter dans une série actuelle tout en conservant l’ambiance d’une série des années 2010 et ce sur plusieurs saisons, est tout simplement impossible. Nous sommes avec des codes vieux de dix ans dans un show contemporain pour lequel nous connaissons en partie la fin. Difficile de faire moins attrayant.

bettercallsaul2
– Ils viennent d’annoncer une sixième saison !
– Super …
C’est bien ?

Il faut dire que l’interprétation de cette série est de haut niveau, c’est d’ailleurs son gros point fort. Mise à part la lenteur de l’histoire et des événements, les interactions des personnages sont assez drôles et les situations souvent cocasses. Le tout servi par des acteurs de talent qui poussent leurs rôles afin d’être continuellement entre le risible et le crédible.

Côté réalisation, tout est au niveau, pas de problème à signaler. Mais le tout reste pourtant moyen. À aucun moment on ne se projette sur notre protagoniste principal, à aucun moment on se dit que l’histoire est géniale et à aucun moment on est pressé de regarder l’épisode suivant. Cette série est tellement lisse qu’on souhaite juste la terminer et dire : « C’est bon, je l’ai vue ». Et malheureusement les saisons perdurent et perdurent encore !

On zappe ou on matte ?

Pour faire une bonne série, il faut un sujet intéressant et des personnages intéressants … ce que Better Call Saul n’offre pas vraiment. Et en plus, cette saison 5 est exactement comme les quatre autres, aux antipodes de l’excitation. Par pitié, ne mettez pas le doigt dans l’engrenage, ce serait parfaitement inutile. Personnellement, j’attends avec impatience le fin et ça traine vraiment à venir …


Acerbien
  • Très bonne interprétation
Acerbad
  • Lent
  • Histoire peu intéressante

Notations
  • Intérêt : 
  • Captivation : 
  • Rythme : 
  • Histoire : 
  • Acerbomètre : 

Fiche technique
  • Diffusion : 8 février 2015 – en production
  • Créateur : Vince Gilligan, Peter Gould
  • Distribution : Bob Odenkirk, Jonathan Banks, Rhea Seehorn, Patrick Fabian, Michael McKean, Michael Mando
  • Genre : Comédie noire
  • Plateforme : AMC / Netflix
  • Épisodes :  10 épisodes (saison 5)

Brille en société

Les cinq saisons que nous venons de subir se déroulent sur trois années, de 2002 à 2004. Ce qui signifie que la sixième et dernière saison, récemment commandée, va devoir couvrir les années 2004 à 2008. Presque cinq années pour faire le lien avec Breaking Bad, et ce, en une seule saison, il va peut-être enfin se passer quelque chose dans Better Call Saul


Podcast

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Bande annonce VOSTFR de la série

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