The Mandalorian (saison 2)

Bestiaire galactique et mercenaires sans foi ni loi forment – davantage encore dans cette deuxième saison – une galerie de personnages joyeusement bigarrés qui font de cette geste spatio-chevaleresque l’une des plus belles réussites de l’univers Star Wars.

Le Mandalorien, fidèle à son crédo de space samouraïs, poursuit sa quête au cœur de ces étoiles plus vraiment en guerre et sur lesquelles la Nouvelle République veille. Il part à la recherche de ces mystérieux Jedi, qui semblent être les seuls à même, cinq années après Le Retour du plus célèbre d’entre eux, de prendre en charge un bébé Yoda (l’Enfant) dont les pouvoirs ne cessent de surprendre notre chasseur de prime aux allures de cowboy solitaire.

Star Wars Cinematic Universe !

La Force est puissante du côté de Jon Favreau. Et contagieuse aussi. Les grands noms de la réalisation qui se succèdent à la tête des épisodes de The Mandalorian respectent parfaitement un cahier des charges mythico-sensible qui est surveillé d’aussi près par les fans que le lait sur le feu intergalactique. Ce n’était pourtant pas une mince affaire comme l’a déclaré le réalisateur de Iron Man :

« Vous écrivez deux histoires en même temps, une pour les personnes qui la regardent avec un regard neuf, et une autre pour ceux qui connaissent la franchise depuis de nombreuses années. »

À la manière d’un repentir en peinture, Favreau, Robert Rodriguez, Bryce Dallas Howard et consorts ont su habilement gommer, modifier et éclairer certains éléments canoniques de la saga pour placer leur très esthétisante focale sur un protagoniste dont la gestuelle est aussi expressive que minimaliste. Mais le tour de force est bien là : Mando est l’un de ces personnages auxquels on s’attache facilement. Et peu importe si la narratologie n’offre rien de révolutionnaire. Mandalorien rime étonnamment très bien avec manichéen.

La Mandale visuelle

Comme un amour perdu dont on tente de rallumer les passions dévorantes, The Mandalorian surfe sur une nostalgie qui tient en haleine le temps de deux courtes saisons. Une flopée de clins d’œil aux blockbusters et dessins animés des eighties (Aliens, Terminator 2, SilverHawks, Bravestarr) et du fan service à foison : telle est la recette d’un succès fabriqué de toutes pièces par et pour Disney + qui ne pouvait rêver mieux comme rampe de lancement.

The Mandalorian emprunte à différents genres cinématographiques. Ici, on voit clairement l’influence de la saga Aliens.

Cinématographiquement pourtant, le grand écran aurait apporté une indéniable plus-value à ces décors planétaires. L’Espace, frontière de l’infini vers laquelle voyage le Razor Crest, est toujours ce territoire gigantesque, vertigineux, hypnotique. Cette frontier et ce wild west immortalisé par les westerns de John Ford, qui y ancra ses héros au cœur pur, sont toujours là sous la surenchère d’effets visuels éblouissants. A long time ago, in a galaxy far (west ?), far away. Les codes sont les mêmes, la transposition un modèle du genre. Les espaces se mettent en branle, en musique (space opera) et propulsent le spectateur au cœur d’actions trépidantes. Difficile de bouder son plaisir.

Mon père ce héros

S’enthousiasmer des aventures du Mandalorien, c’est enfin se placer du côté des anonymes et des minorités qui gagnent leurs premiers galons ; ils tiennent ici leur revanche sur un monde de hiérarques et de sachants. Si les premiers Mandaloriens sont restés des personnages culte, ils avaient cependant toujours évolué dans l’ombre de l’Empire, réduits à des tâches subalternes. Les forces d’un Ordre (de l’Ordre ?) – l’Ordre des Jedi – eurent raison de deux ancêtres de Mandalore (Mace Windu tue Jango Fett ; Luke Skywalker et Han Solo font chuter Bobba Fett dans la gueule du Sarlacc). Des ancêtres clonés, substituables et donc dispensables. Ici pourtant, c’est Mando qui tire les ficelles et qui tient le destin de la République entre ses mains. La figure paternelle qu’il incarne est double : auprès de l’Enfant avec lequel il tisse une relation forte et auprès des populations invisibilisées – car masquées – dont il porte les valeurs progressistes. Mando, c’est le père qu’on n’attendait pas. Mais qui s’arroge ce droit légitime que personne n’avait songé à lui accorder : celui d’éduquer.

Pour son premier coup d’essai, Disney signe ici un coup de maître et gageons que la pléthore de séries Marvel et Star Wars annoncées il y a peu augure d’un avenir prometteur. Très prometteur. Telle est la voie made in Disney.


Acerbien
  • Un budget qui permet à la série de ne pas souffrir de la comparaison des films
  • Une backstory intelligemment développée
  • Un vrai divertissement familial aux influences riches
Acerbad
  • Le de-aging process, c’est toujours pas ça !

Notations
  • Intérêt : 
  • Captivation : 
  • Rythme : 
  • Histoire : 
  • Acerbomètre : 

Fiche technique
  • Diffusion : 30 octobre 2020 (saison 2)
  • Réalisateur : Jon Favreau (entre autres)
  • Distribution : Pedro Pascal, Giancarlo Esposito, Gina Carano
  • Genre : Science-fiction
  • Plateforme : Disney+
  • Épisodes : 8 épisodes

Brille en société !

Disney a eu beaucoup de chance ! Le tournage de la saison 2 s’est terminé le 8 mars 2020, soit quelques jours avant l’interruption de tous les tournages due à l’épidémie de Covid-19. Il y a fort à parier que le rapport de force avec les autres plateformes de streaming eut été différent en cette période de fêtes de fin d’année si la saison n’avait pas vu le jour à temps. Toutefois, les autres grosses productions Marvel n’ont pas eu cette chance, ce qui laisse un peu de répit à Netflix qui pourrait souffrir de l’arrivée massive de cette machine de guerre…


Bande annonce VO officielle

Un commentaire, une réaction, une indignation ?